« Le petit bonhomme de riz » de Randriamanantsoa  un chef d’œuvre au festival de  Clermont  qui rappelle le poète J.J.Rabéarivelo

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Une scène du film "le Petit bonhome de riz" de Rianado Ludovic Randriamanantsoa

La caméra tout comme le stylo est informative ou poétique. Les poètes de la plume ou de l’image transfigurent  le réel  le plus dramatique. « Le petit bonhomme de riz » de Ludovic Randriamanantsoa  est dans le sillage formel  du «  Vitrier nègre » du poète  Jean-Joseph Rabéarivelo : « Le vitrier nègre/dont nul n’a jamais vu les prunelles sans nombre/… cet esclave tout paré de perles de verroterie ». Le proscrit laid devient le personnage principal beau, en l’occurrence respectivement : l’esclave et le gosse des rues. Le plat malgache de base étant le riz l’enfant des rues de Ramdriamanatsoa vole du riz en trouant les sacs des passants ou les étals des marchés. L’écriture poétique de Ramdriamanantsoa  avare de mots, installe dans un  plan d’ensemble désertique  un passant isolé attendu par le petit voleur de riz, ou encore des gros plans sur les misérables utilisant les ustensiles servant à manger ou préparer le riz volé ; le tout accompagné par les bruits amplifiés de la vie qui à eux seuls deviennent rythme musical, lesquels se mêlent et s’ entremêlent à de la musique instrumentale. Sens et détournements de sens, tel que dans le prologue où avec des plans rapides  les jeunes mendiants  des rues déambulent entre les voitures  en transformant les courtes  paroles de mendicité en courtes  paroles d’histoires  explicitant leur triste condition humaine. Il rejoint « Badou boy » du cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambety,  lequel  sur des plans d’un bidonville met l’hymne national.

Thierry Sinda

in Midi Madagasacar, 11 février 2014