Débats entre la poétesse Pascale Derville Labylle et Thierry Sinda sur le poème Ton corsage d' Enide Darius Gordien

 

 Cher Poète, 

Je viens vers vous et, vous interpelle quant à l'écriture poétique d'un texte du révélé poète:Enide Darius Gordien; dont je fais actuellement la connaissance par le biais de votre site internet.En effet, il m'apparait qu'afin de garder la spiritualité sonore et visionnaire de l'image émergée à l'esprit du Poète, l'adjectif qualificatif en fonction de complément d'objet indirect, dans:je cite "De l'inatteignable rêve"tant à réduire la portée musicale et transcendantale de la poétique du texte. 
Aussi, je me permets de vous suggérer, en toute modestie, le terme de "inaccessible" 
pour "inaccessible rêve"qui à mon humble avis, dont je vous laisse juge connote comme plus approprié. 
Dès lors, entendez en lecture silencieuse:"Je vis une étincelle 
Magie éternelle 
De l'inaccessible rêve 
De toujours, d'amour, en un seul jour"pour 
"Je vis une étincelle 
Magie éternelle 
De l'inatteignable rêve 
De toujours, d'amour, en un seul jour"; 
Néanmoins, je conserve la limpide fluidité poétique de l'extrait cité, grâce à la subtile ambiguïté de l'usage de l'homonymie des verbes "voir" et "vivre"dans le mode indicatif de la grille des conjugaisons de la langue française: au passé simple pour le verbe" voir", l'autre au présent pour le verbe vivre. 
Antillaise d'origine Guadeloupéenne et d'expression française vivant en Normandie, vous comprendrez que mon appartenance à la créolité justifie mon interpellation littéraire et témoigne de l'intéret et l'amour que je porte à mes compatriotes d'outre-mer. 
Acceptez en conclusion, un texte extrait de mon recueil actuellement en chantier littéraire, vous en souhaitant bonne réception ,et, vous présentant de même mes meilleurs voeux! 

La peur 

Je rentrais l'estomac noué 
Je rentrais siéger dans les lieux 
Je rentrais de Rouen sans un dé. 
Je rentrais grondée par les faits. 

Je rentrais d'une prairie, oui 
Je rentrais de Montivilliers 
Je rentrais sur une plaie vide 
Je rentrais une foi subtile 

Je rentrais dans l'autorité 
Je rentrais comme une poire dans l'été 
Je rentrais rentrais contrainte, forcée. 
Je rentrais au toit, puis prié. 

Poétesse/Pascale Derville Labylle 
Inspiration: Akadius Kospiel 
Lieu d'écriture :Le Havre 
Présence spiruelle:Nicolae-Daniel Biséricaru

Réponse de Thierry Sinda

Autant d'Homme, autant d'avis... La licence poétique transcende les règles de la prose. Lorsque ce n'est pas le cas, il faut trouver d'autres critères pour élever un texte au rang de poème. En ce qui concerne le poème "Ton corsage" (un beau titre-calembours et sensuel) de la poétesse Guadeloupéenne Enide Darius Gordien, la strophe à laquelle vous faites référence: "Je vis une éTincelle/ Magie éTernelle,/ De l' inaTTeignable rêve/ de Toujours, d' amour, en un seul jour" le mot "inatteignable" permet l' allitération en "T" dans chaque vers de la strophe, celle-ci serait défaillante avec le mot "inaccessible" que vous suggérez.

La poésie est affaire de rythmes, de sonorités, de souffles et d'images. C' est ainsi que j' ai retenu ce magnifique poème d' Enide dans l' "Anthologie des poèmes d' amour des Afriques et d' Ailleurs" publiée chez Orphie pour le 10e anniversaire du "Printemps des Poètes des Afriques et d' Ailleurs". Vous vous êtes laissé piéger par la sémantique là où la poésie appelle le son, le son du TamTam des Antilles, le son du TamTam de l'Océan Indien, le son du TamTam de l' Afrique, Mère du grand rythme nègre, que nous chérissons en néo-négritude!

Chère poétesse Pascale Derville Labylle, merci pour vos suggestions, merci pour votre poème "La peur", et vous êtes, bien évidemment, la bienvenue en mars "[.. ]comme une poire dans l' été" printanier de notre festival de néo-négritude!

Et que tous mes voeux de création poétique fructueuse vous accompagnent pour 2016!