LE POÈTE AEFIEN MARTIAL SINDA REÇU PAR LE PAPE PIE XII EN 1956 

Le poète Martial Sinda , premier poète aéfien en 1955, et Grand Prix littéraire de l’ AEF en 1956 – prix remis pour la première fois à un auteur Noir – est reçu par le Pape Pie XII.

La semaine africaine Martial Sinda reçu par le Pape couv

Pendant la période de l’ histoire coloniale contemporaine de la fin du 19e siècle à la deuxième moitié du XXe siècle, pratiquement inexistants sont les indigènes-colonisés reçus en audience individuelle par le Pape, Chef de l’église catholique et Chef de l’ État de La Cité du Vatican, monarchie absolue élective de Droit divin ayant un statut d’État observateur à L’ ONU.

Il ne faut pas oublier qu’ à l’ époque coloniale l’Africain, le « Nègre », comme on disait alors de manière péjorative, était considéré comme un « sauvage-anthropophage», un « païen-voleur-et-menteur-sans-culture-et-sans histoire-et-sans-civilisation ».

Il ne faut pas oublier, non plus, qu’ à cette époque l’église catholique était fort conservatrice, et que le Pape était l’Éminence suprême sur terre, le « Doux Christ en terre », lequel par sa position divine mettait un point d’ honneur à ne pas voyager. Ce sont les Puissants de notre monde, notamment ses homologues Chefs d’ État, qui demandaient audience au Vatican pour rencontrer le Pape. C’ est ainsi qu’a été forgée l’expression : « Qui veut voir le Pape va à Rome !».

Depuis Vatican II, c’ est à dire avec l’ élection du Cardinal Giovanni Battista Montini qui deviendra le Pape Paul VI, l’ église se modernise et le Pape devient voyageur. Il n’en demeure pas moins qu’ aujourd’hui encore les Chefs d’ États nouvellement élus voulant s’ entretenir en privé avec le Pape lui demandent audience, et lorsque l’audience est accordée, ils se rendent au Vatican.

 

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C’ est ainsi que lorsque le jeune poète-aéfien et étudiant-parisien Martial Sinda, alors âgé de vingt-et-un ans, est reçu en audience privée par le Pape Pie XII, La Semaine de L’ AEF en date du 16 juin 1956, en fait sa une, en mettant le nom du petit prince de la poésie aéfienne en caractère presque aussi gros que le titre du journal, et sur toute la largeur de la page. On notera que même l’ audience du Roi et de la Reine de Grèce en France est reléguée au second plan.

Martial Sinda, le poète passe du statut de phénomène de premier poète aéfien (La Semaine de l’ AEF en date du samedi 6 août 1955 ) à celui de poète-people (La Semaine de l’ AEF en date du 16 juin 1956).

Le jeune poète généreux, qui fait don au Pape Pie XII : de Batouala de Maran, de l’ Anthologie nègre de Senghor et de son livre Premier Chant du départ , est même comparé à son parrain le poète de renom Léopold Sédar Senghor, premier poète de l’ Afrique Occidentale Française en 1945, soit dix ans avant Sinda en Afrique Équatoriale Française.

Il me revient une parole du poète Jean-Pierre Rosnay, – initiateur du Club des poètes où j’ ai publié mon premier poème « Aurore »dans la revue Vivre en poésie en 1987 – dès que vous vous promenez avec Cocteau, et qu’ il arrive un petit fait insolite, le lendemain vous faites la une de France soir.

 

 

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